Arena Opera Festival au Moulin Rouge : un pont entre Vérone et Paris sous le signe de la Belle Époque
- 11 juin
- 4 min de lecture

Le Moulin Rouge a accueilli la présentation internationale de la 103e édition de l’Arena di Verona Opera Festival et de la nouvelle production de La Traviata de Giuseppe Verdi, qui inaugurera la programmation 2026. Une rencontre entre deux icônes mondiales du spectacle, l’Arena de Vérone et le célèbre cabaret parisien, marquant le lancement d’une collaboration artistique sans précédent. Pour la première fois, le temple italien de l’opéra lyrique et le symbole du French Cancan ont choisi d’unir leurs identités dans un projet commun mêlant musique, danse et imaginaire de la Belle Époque. Un dialogue entre patrimoines culturels qui a transformé la soirée parisienne en une véritable célébration de la créativité européenne.Sur la scène du mythique établissement fondé en 1889 se sont succédé les artistes au cœur de cette production : la soprano Martina Russomanno, future Violetta, et le ténor René Barbera, interprète d’Alfredo Germont, accompagnés au piano par Cecilia Gasdia, surintendante de la Fondation Arena di Verona. La soirée s’est poursuivie avec les artistes du Moulin Rouge, qui ont enflammé la scène avec le traditionnel French Cancan, offrant un contraste spectaculaire entre opéra et cabaret.
L’événement a réuni un public international composé de représentants institutionnels, de délégués de l’UNESCO, d’acteurs culturels et touristiques, de partenaires, de mécènes et de journalistes. Parmi les invités figuraient le consul général d’Italie à Paris, Jacopo Albergoni, le conseiller culturel de l’ambassade d’Italie en France, Emanuele Oldani, ainsi que des représentants de l’ICE et de l’ENIT et des membres des « 67 Colonne per l’Arena ». La vision artistique de cette nouvelle Traviata, signée par le metteur en scène écossais Paul Curran, transporte le chef-d’œuvre de Verdi dans le Paris de la Belle Époque, au cœur de l’atmosphère scintillante du Moulin Rouge de la fin du XIXe siècle. Une proposition scénique conçue pour dialoguer avec la monumentalité de l’Arena de Vérone, où l’opéra sera présenté en ouverture du Festival. La nouvelle production porte la signature de Juan Guillermo Nova pour les décors, Stefano Ciammitti pour les costumes et Fabio Barettin pour les lumières. L’objectif est de créer une grande fresque théâtrale où l’imaginaire parisien rencontre la tradition lyrique italienne, donnant naissance à une expérience immersive faite de glamour, de passion et de tragédie.
« C’est une déclaration d’amour à l’opéra et à Paris, ville de La Traviata », a déclaré Cecilia Gasdia, soulignant l’émotion de se produire dans un lieu emblématique de l’histoire artistique européenne. « Créer un pont entre différentes formes d’art pour donner vie à un projet inédit est une expérience extraordinaire. » À cette occasion, la surintendante de la Fondation Arena di Verona a également rappelé le lien profond qui l’unit à l’institution véronaise. « Voilà neuf ans que j’occupe cette fonction et c’est toujours un immense honneur et une grande émotion de parler d’un lieu qui me tient particulièrement à cœur », a-t-elle confié. « L’Arena de Vérone est un symbole international de culture et d’art, un véritable temple mondial de l’opéra et le plus grand théâtre lyrique en plein air du monde. » Cecilia Gasdia a également rappelé les origines du Festival lyrique, né en 1913 à l’occasion du centenaire de la naissance de Giuseppe Verdi. Depuis plus d’un siècle, l’Arena de Vérone s’est imposée comme l’une des scènes les plus prestigieuses au monde, accueillant chaque année des centaines de milliers de spectateurs venus de tous les continents et conciliant héritage lyrique et innovation artistique. Le vice-directeur artistique Stefano Trespidi a, de son côté, insisté sur la dimension immersive de la production : « Assister à un opéra dans les Arènes de Vérone, c’est vivre un voyage au cœur de la beauté italienne. Avec le Moulin Rouge, nous avons voulu recréer un univers théâtral inédit, capable de restituer le Paris festif et dramatique de la Belle Époque grâce à un important travail de reconstitution historique et visuelle. »Cette collaboration revêt également une forte dimension symbolique : sur la scène véronaise réapparaîtront des éléments emblématiques du Moulin Rouge, du célèbre moulin rouge au grand éléphant historique, héritage de l’Exposition universelle de 1889 et témoin de la naissance du cabaret comme espace de divertissement.
Le choix de La Traviata n’est pas anodin. Créé en 1853 dans un climat de scandale avant de devenir l’un des chefs-d’œuvre absolus du répertoire lyrique, l’opéra raconte, à travers Violetta Valéry, une histoire universelle d’amour, de liberté et de sacrifice. Une œuvre d’une modernité toujours saisissante, portée par une partition qui rassemble certaines des pages les plus célèbres de l’histoire de l’opéra, du célèbre Brindisi à Amami Alfredo.
La 103e édition de l’Arena di Verona Opera Festival s’ouvrira le 5 juin avec l’événement «Campioni del Mondo. Italia Loves UNESCO » et se poursuivra jusqu’au 12 septembre avec 53 soirées de spectacles. Au programme : six titres d’opéra, de nouvelles productions, des galas et des événements spéciaux mêlant musique, danse et grands rendez-vous internationaux. Avec cette collaboration inédite entre Vérone et Paris, la nouvelle Traviata s’impose comme l’un des projets culturels les plus ambitieux de la saison, réunissant deux hauts lieux du spectacle européen dans une même vision artistique, entre tradition, innovation et esprit Belle Époque.
Michela Secci
Toutes les informations et le programme complet sur :











