Teatro alla Scala : Myung-Whun Chung, « Je vais à la Scala pour donner mon amour »
Teatro alla Scala : Myung-Whun Chung, « Je vais à la Scala pour donner mon amour »
De l’Otello inaugural aux échanges culturels avec Paris, la saison 2026-2027 du Teatro alla Scala conjugue tradition et nouvelles perspectives. Elle marque notamment l’arrivée du chef sud-coréen Myung-Whun Chung, premier musicien asiatique à occuper le poste de directeur musical de l’institution milanaise.

Le 23 octobre dernier, à l’Institut culturel italien de Paris, Chung et Fortunato Ortombina, surintendant et directeur artistique de la Scala, ont présenté les grandes lignes de la nouvelle saison lors d’une rencontre animée par Paolo Besana, directeur de la communication du théâtre. Le compositeur Francesco Filidei était également présent dans le public. La saison s’ouvrira le 7 décembre avec Otello de Verdi, dirigé par Chung dans une mise en scène de Damiano Michieletto, avec Brian Jagde, Eleonora Buratto et Luca Salsi dans les rôles principaux. La soirée marquera aussi les cinquante ans de la première retransmission en direct par la Rai d’une soirée d’ouverture de la Scala, en 1976.Côté lyrique, la programmation mêlera grands classiques, reprises et œuvres moins familières, dont La Bohème dans la mise en scène historique de Franco Zeffirelli, le retour des Puritains, absents depuis 1971, Nixon in China et Leonora de Ferdinando Paër. Le ballet fera place aussi bien aux classiques, comme Casse-Noisette, qu’à des propositions contemporaines, notamment une Giselle chorégraphiée par Akram Khan. La saison symphonique accueillera entre autres Klaus Mäkelä et Kirill Petrenko, ainsi que des concerts consacrés au bicentenaire de la mort de Beethoven.
Mais ce sont surtout les paroles de Myung-Whun Chung qui donnent le ton de cette nouvelle étape. Au cœur de son intervention, le lien humain qui l’unit aux musiciens, qu’il exprime ainsi : « Mon amour pour les musiciens, parce que je les aime. » Pour lui, l’orchestre est « quelque chose d’intime » : une communauté fondée sur la confiance, l’amitié et l’écoute mutuelle, où la relation humaine nourrit l’entente artistique. Avec humour, Chung a distingué deux catégories de grands musiciens : ceux qui mangent pour jouer et ceux qui, comme lui, jouent pour manger. Derrière la boutade se dessine une implication totale, où la musique est bien plus qu’un métier : une raison de vivre. « Je vais à la Scala pour donner mon amour », a-t-il déclaré, avant de conclure : « C’est toute ma vie. » La rencontre parisienne a également souligné les liens entre la Scala et l’Opéra national de Paris. Le Nom de la rose, opéra de Francesco Filidei adapté du roman d’Umberto Eco et commandé conjointement par les deux institutions, sera présenté à Paris en 2028 dans sa version française. Cette année-là marquera aussi le 250ᵉ anniversaire de la fondation du théâtre milanais, une occasion supplémentaire de renforcer le dialogue culturel entre l’Italie et la France.
Michela Secci



